Le match nul entre Rennes et le PSG (2-2) est terminé, mais le bras de fer entre les deux clubs ne fait que commencer. Contraint d’organiser dans l’urgence la rencontre initialement programmée au Parc des Princes, le Stade Rennais estime avoir subi un manque à gagner d’environ 500 000 euros par rapport à l’organisation normale d’une telle affiche. Et le club breton compte désormais défendre son droit à recevoir également le PSG lors du match retour.
Le PSG a joué « à domicile » à Rennes dimanche soir. Mais personne n’est gagnant. À l’origine de ce « match imbroglio », l’état de la pelouse du Parc des Princes. Jugée impropre à la tenue de la rencontre, elle avait conduit la Commission des compétitions de la LFP à inverser le match seulement quatre jours avant son coup d’envoi. Rennes avait alors accepté de recevoir Paris au Roazhon Park afin d’éviter un report.
Rennes a dû organiser le choc au pas de charge
Pour le Stade Rennais, cette inversion a représenté une véritable course contre la montre. Le club a dû mobiliser en quelques jours les équipes chargées de la sécurité, les stadiers, les prestataires, la maintenance, les espaces VIP et toute la logistique nécessaire à l’accueil de près de 30 000 spectateurs.
Au total, environ 1 800 personnes ont dû être mobilisées pour permettre l’organisation de la rencontre. La billetterie n’avait ouvert que le jeudi à 14 heures, soit trois jours avant le match, et avait immédiatement été prise d’assaut avec un pic de 60 000 connexions. Le Roazhon Park avait malgré tout réussi à afficher complet.
Mais remplir le stade ne signifie pas avoir pu exploiter normalement une affiche aussi lucrative qu’un Rennes-PSG. Avec une commercialisation précipitée et notamment des tarifs plus abordables qu’habituellement pour la venue de Paris, le club breton estime avoir perdu environ 500 000 euros par rapport aux recettes qu’aurait générées un Rennes-PSG préparé normalement. L’existence d’un manque à gagner lié à cette organisation précipitée a également été mise en avant dans le conflit entre les deux clubs.
Rennes avait posé ses conditions
Le Stade Rennais n’avait d’ailleurs pas accepté l’inversion sans réserve. Avant même la rencontre, son président Arnaud Pouille avait expliqué avoir posé trois conditions à la Ligue : régler la question de la tribune sanctionnée, éviter toute perte financière pour Rennes et appliquer le règlement afin que cette inversion n’ait pas de conséquences négatives sur la suite du calendrier.
C’est précisément ce dernier point qui va désormais devenir central.
Car selon le calendrier initial, Rennes doit recevoir le PSG lors de la 23e journée, le premier week-end de mars 2027. Le club breton entend défendre cette programmation et considère que le match disputé dimanche ne doit pas lui faire perdre sa véritable réception du PSG.
Rennes veut donc recevoir deux fois le PSG
La position rennaise est claire : l’inversion de la première journée était la conséquence de l’impossibilité pour le PSG d’accueillir la rencontre au Parc des Princes. Rennes estime donc ne pas avoir à supporter une deuxième conséquence en renonçant à son match retour prévu à domicile.
Arnaud Pouille a confirmé qu’il comptait « défendre les intérêts du Stade Rennais », en s’appuyant notamment sur l’article 501 du règlement, afin que Rennes puisse bien recevoir Paris au Roazhon Park en mars prochain.
Si cette interprétation était retenue, le PSG aurait donc joué deux fois à Rennes cette saison et aucune fois au Parc des Princes face au club breton.
Le PSG veut évidemment récupérer son match au Parc
Paris défend une lecture totalement différente. Le PSG considère que la situation ayant conduit à l’inversion relève de « circonstances exceptionnelles » et souhaite donc que le match de mars soit disputé au Parc des Princes afin de rétablir une forme d’équité sportive.
Le club parisien estime notamment qu’il serait anormal que Rennes bénéficie de deux réceptions face au PSG dans la même saison. Rennes répond de son côté que la canicule ayant contribué à détériorer la pelouse parisienne ne peut pas nécessairement être considérée comme un événement totalement imprévisible.
Décision attendue vendredi
C’est désormais à la Commission des compétitions de la LFP de trancher. Les deux clubs sont convoqués vendredi 28 août, avec deux questions majeures sur la table : les responsabilités liées à l’impossibilité d’organiser le premier match au Parc des Princes et surtout le lieu du match retour.
Après avoir accepté de sauver la première journée en organisant en urgence l’une des plus grosses affiches de sa saison, Rennes compte donc présenter la facture : environ 500 000 euros de manque à gagner et la volonté ferme de conserver son Rennes-PSG prévu en mars au Roazhon Park.
Le 2-2 de dimanche n’était peut-être que le premier round. Le prochain se jouera cette fois dans les bureaux de la LFP.
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