La hiérarchie des penaltys au PSG n’a pas toujours été limpide. Une anecdote, racontée dans le livre « De l’enfer au paradis, les secrets de deux saisons qui ont changé l’histoire du PSG » (Fabrice Hawkins et Apolline Bouchery, éd. Flammarion), illustre bien la méthode très particulière de Luis Enrique.
Luis Enrique a tranché dans la guerre des penaltys… c’est lui décidé, et c’est tout. Tout commence lors du match face au Havre en août 2024. Vitinha, désigné tireur n°1 avant la rencontre, veut frapper, mais Ousmane Dembélé donne finalement le ballon à Randal Kolo Muani… qui transforme.
Le lendemain, Luis Enrique recadre tout le groupe : la consigne doit être respectée. Sans en vouloir à RKM, il insiste sur la discipline collective.
Vitinha fait crier Luis Enrique
Problème : plusieurs attaquants, dont Dembélé et Kolo Muani, estiment que ce rôle doit revenir aux offensifs, pas à un milieu. Soutenus par Marquinhos, ils contestent la hiérarchie. Une séance de tirs au but est alors organisée à l’entraînement, où Vitinha brille particulièrement, au point de séduire le coach.
« Certains comme Ousmane Dembélé, Achraf Hakimi et Vitinha s’en sortent particulièrement bien. Ce dernier, qui tire à la façon de Neymar avec une course lente à base de petits pas avec un presque temps d’arrêt au moment de frapper, donne l’impression d’être infaillible sur cet exercice. Luis Enrique se délecte de chacune de ses frappes et ne s’en cache pas, accompagnant chacune des courses de son joueur par des « mamma mia ! » avec les yeux qui pétillent », peut-on lire.
Une dictature ?
Le surlendemain, Luis Enrique organise même un vote improvisé dans le vestiaire pour « consulter » ses joueurs. « Contrairement au scrutin pour désigner les capitaines, ce sera un vote plus informel. Celui-ci a lieu dans le vestiaire du centre d’entraînement : un scrutin sans véritable règles, durant lequel Luis Enrique interroge à tour de rôle tous les joueurs. La question est claire : qui veux-tu voir tirer les penalties ? Tous les offensifs répondent à la première personne du singulier. Pour le reste, la grande majorité ne donne pas de nom, pour ne pas créer de tension, mais précise vouloir voir un joueur offensif prendre cette responsabilité », peut-on lire.
Face à des réponses floues et des offensifs qui militent pour eux-mêmes, le technicien tranche net : la décision finale lui appartient. Une méthode que certains joueurs ont résumé, en privé, d’un mot : « dictature ».
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