Après la démonstration du PSG contre Villarreal (6-0) en Ligue des champions, Luis Enrique refuse de céder à l’euphorie. Présent en conférence de presse ce vendredi avant la réception de Troyes, samedi soir (21h05), l’entraîneur parisien a insisté sur l’importance de rester concentré. Il a également évoqué sa méthode de travail, la polyvalence de son effectif, le rôle essentiel de Fabian Ruiz et les qualités qu’il recherche chez ses joueurs.
Le PSG impressionne, mais Luis Enrique garde les pieds sur terre. Malgré une série de victoires et un festival offensif en Espagne, le technicien espagnol ne veut surtout pas voir son équipe tomber dans la facilité face à Troyes.
Devant les journalistes, l’entraîneur parisien a longuement expliqué sa philosophie. De la gestion de son effectif à la mentalité de ses joueurs, en passant par le recrutement et le respect des adversaires, Luis Enrique a livré plusieurs messages forts.
Villarreal, Lens et le danger de l’euphorie
Interrogé sur la victoire écrasante contre Villarreal, Luis Enrique a immédiatement relativisé la portée du résultat. « Le plus important c’est le résultat, mais il y a toujours des choses à améliorer. Le score ne reflète pas l’écart réel entre les deux équipes mais il y a des matchs parfois que tu ne peux pas expliquer. C’est pour ça que le football est imprévisible. C’est beau quand tu gagnes ce type de match mais c’était un match particulier, il faut l’oublier et se concentrer sur le match de demain. »
L’entraîneur parisien a également été questionné sur la lourde défaite de Lens contre Côme (1-9). Pour lui, ce genre de résultat ne représente pas nécessairement la véritable différence de niveau entre deux équipes.
« Lens est une très bonne équipe. J’ai vu ce match, j’en ai profité pour regarder comment joue Côme. Ils ont très bien joué. Ça ne reflète pas l’écart entre les deux équipes, Lens n’est pas une mauvaise équipe. Mais c’est comme ça. Ce résultat, ce sont des accidents. C’est la même chose pour le PSG et Villarreal, ce n’est pas le vrai écart. »
Luis Enrique refuse donc de considérer les démonstrations offensives comme une garantie pour les rencontres suivantes.
PSG – Troyes : Luis Enrique met en garde contre un excès de confiance
Le technicien espagnol sait que son équipe sera particulièrement attendue samedi soir au Parc des Princes. Mais il ne veut pas que ses joueurs se laissent influencer par les compliments. « C’est très facile (de calmer les joueurs). Il faut savoir vivre avec ces bruits. On sait que demain, contre Troyes, il y aura beaucoup d’attentes. Tout le monde s’attend à ce qu’on marque beaucoup de buts mais ce n’est pas le vrai football. Il faut rester concentré sur le match. »
La concentration sera justement l’une des clés de cette rencontre. « Si tu penses à Villarreal et que tu commences le match demain en étant distrait… je profite de voir mes joueurs tout le temps prêts, tout le temps avec la même mentalité. On peut mal jouer ou bien jouer, mais c’est toujours la même intensité. C’est comme ça qu’on peut obtenir de nouvelles choses, en restant concentré sur le présent. »
Luis Enrique estime par ailleurs que son équipe n’a pas fondamentalement changé depuis le début de la saison. « C’est le même PSG qu’au début de saison. Il y a des hauts et des bas, c’est le cas pour chaque équipe. (…) Si on gagne demain, ce sera la première fois qu’on gagne tous nos matchs entre deux trêves internationales, c’est une motivation supplémentaire. »
Fabian Ruiz, « un des meilleurs milieux du monde »
Parmi les joueurs particulièrement appréciés par Luis Enrique, Fabian Ruiz occupe une place à part. L’entraîneur espagnol a insisté sur l’importance du milieu de terrain dans le fonctionnement collectif du PSG, alors que l’attention se porte souvent sur les attaquants.
« C’est normal dans le monde du football (de se concentrer sur les attaquants). C’est ce qu’on voit le plus. Mais pour jouer comme on joue, on a besoin de joueurs qui font le lien avec les attaquants, c’est ce que fait Fabian Ruiz. C’est un joueur différent, il a tout, c’est un des meilleurs milieux du monde. On est très contents parce que quand il est arrivé ici, il y avait une autre impression de lui. »
Un hommage appuyé à l’international espagnol, dont le rôle est devenu essentiel dans l’organisation du jeu parisien.
Comment Luis Enrique a construit un PSG qui ne dépend plus d’une seule star
Interrogé sur la capacité du PSG à continuer de gagner malgré les absences de plusieurs joueurs importants, Luis Enrique a expliqué les principes qui guident son travail depuis son arrivée à Paris. « Par la rotation, les décisions, tout ce que j’ai été critiqué quand je suis arrivé ici parce que personne ne comprenait… les joueurs savent ce qu’ils doivent faire pour porter le maillot du PSG. Tu dois lutter au maximum, avec nos armes. »
L’entraîneur parisien a ensuite raconté une anecdote personnelle impliquant son épouse. « Je me rappelle lors de ma 1e année, ma femme m’a dit « pourquoi ton équipe joue toujours de la même manière? » Je me suis dit ‘ok, ça marche. Si tu penses que l’équipe joue de la même manière, ça marche.’ C’est la clé pour moi. »
Pour Luis Enrique, la force du PSG réside donc dans une identité collective suffisamment forte pour permettre à différents joueurs d’occuper les mêmes fonctions sans bouleverser le fonctionnement de l’équipe.
Recrutement : Luis Enrique privilégie la personnalité avant le talent
L’entraîneur parisien a également détaillé les critères qu’il privilégie lorsqu’il évalue un joueur susceptible de rejoindre son effectif. « Je n’ai jamais cherché à trouver un joueur qui jouait comme moi. Je suis plus préoccupé à trouver des joueurs qui veulent s’améliorer, qui se préoccupent à améliorer leurs qualités. Le premier critère, c’est la personne, la famille autour de lui. Quand tu as la qualité physique et technique, après tu peux construire quelque chose de différent. »
Une déclaration qui illustre l’importance accordée à l’état d’esprit, à la progression individuelle et à l’environnement personnel des recrues.
Le pressing du PSG : Luis Enrique s’inspire de ses propres joueurs
Questionné sur les origines de son pressing et de sa philosophie de jeu, Luis Enrique a livré une réponse surprenante. « Aucun entraîneur ne m’a inspiré. Je suis inspiré pour mes joueurs. Je transmets mes idées puis je vois comment ils interprètent ce que je pense. Il y a beaucoup de moments où les joueurs doivent prendre des décisions pour eux-mêmes. Je suis toujours inspiré et motivé pour ce que je veux de mes joueurs. »
L’entraîneur insiste ainsi sur la liberté de décision laissée à ses joueurs dans un cadre collectif clairement défini.
Le respect de l’adversaire, avec les All Blacks comme exemple
Luis Enrique a également expliqué sa conception du respect dans le sport. Pour lui, respecter un adversaire ne consiste pas à ralentir lorsque le score devient important, mais au contraire à continuer de jouer avec la même intensité. « Cela fait longtemps que la meilleure manière de montrer ton respect à l’adversaire, c’est de continuer à jouer à fond. Continuer à jouer avec de l’intensité, c’est ça le respect, pas faire des petits ponts ou autre. C’est comme les All Blacks en rugby, ils font le haka puis ils sont des machines ensuite. C’est la mentalité que j’aime. Tu peux être supérieur, peu importe le résultat, le respect c’est la manière dont tu joues au football. »
Une philosophie qui explique notamment pourquoi le PSG continue d’attaquer et de presser même lorsque la victoire semble acquise.
Joueurs gauchers : Luis Enrique prend l’exemple de Rafael Nadal
L’entraîneur espagnol a aussi été interrogé sur l’importance de disposer de joueurs gauchers dans son effectif. « Je ne sais pas. C’est comme Rafael Nadal, il est droitier mais il jouait de la main gauche. Dans le football, c’est plus joli de voir des frappes de la gauche parce que c’est plus rare. (…) Pour les centraux, il y a généralement un gaucher et un droitier parce que c’est plus facile pour les joueurs de faire leurs passes. Mais il n’y a pas de limite, peu importe votre bon pied. »
Luis Enrique reconnaît donc l’intérêt tactique d’associer des profils différents, notamment en défense centrale, mais refuse d’en faire une obligation absolue.
Luis Enrique refuse de calculer ses futures victoires
Enfin, l’entraîneur parisien a rappelé qu’il ne cherchait jamais à anticiper les résultats de son équipe sur plusieurs semaines. « Je n’ai jamais fait de planification pour savoir combien de matchs on allait gagner. Il faut s’adapter à chaque match, chaque adversaire. Tu ne sais pas combien de joueurs tu vas avoir qui seront blessés, il y a beaucoup de choses que tu ne peux pas contrôler. On reste concentré sur le moment présent. »
Un message particulièrement pertinent alors que le PSG doit composer avec une infirmerie bien remplie avant la réception de Troyes.
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