Vitinha joue presque tout avec le PSG et enchaîne également avec le Portugal. Indispensable à Luis Enrique comme à sa sélection, le milieu parisien donne pourtant quelques signes d’émoussement depuis le début de la saison. Moins lucide, parfois moins précis et toujours autant sollicité, le Portugais joue-t-il tout simplement trop ? À l’approche d’un mois d’octobre particulièrement chargé pour Paris, la question de son repos commence sérieusement à se poser.
Faire souffler Vitinha ? Sur le papier, la solution paraît évidente. Dans la réalité, beaucoup moins. Le milieu portugais reste l’un des joueurs les plus difficiles à remplacer dans le système du PSG. Depuis le début de la saison, Luis Enrique l’utilise énormément. Lors des rencontres où il est disponible, Vitinha dispute généralement l’immense majorité des minutes. Contre Rennes, par exemple, il n’avait été préservé que lors des 21 dernières minutes.
Vitinha montre-t-il déjà des signes de fatigue ?
C’est surtout son rendement qui commence à interroger. Journaliste pour Ici Paris Île-de-France, Romain Beddouk estime que le Portugais apparaît moins tranchant physiquement.« Depuis le début de la saison, Vitinha n’est pas blessé mais on le sent émoussé physiquement. Il accuse le coup », analyse-t-il, soulignant également une dépense énergétique moins importante au fil des rencontres.
Le constat concerne aussi son utilisation du ballon. Habituellement extrêmement propre techniquement, Vitinha connaît davantage de déchet et semble parfois perdre en lucidité lorsque les matchs avancent. « Il fait des erreurs techniques qu’on ne lui reconnaît pas », souligne notamment Romain Beddouk, pour qui cette baisse de régime se répercute directement sur le collectif parisien.
Le Portugal n’arrange rien
Le problème pour le PSG, c’est que la trêve internationale n’offre pratiquement aucun repos à son milieu. Le Portugal vient de disputer quatre rencontres de Ligue des nations en seulement onze jours : contre le pays de Galles le 24 septembre, en Norvège le 27, au Danemark le 1er octobre puis de nouveau contre la Norvège le 4 octobre.
Vitinha se retrouve donc dans une situation classique pour les cadres des très grands clubs européens : les matchs s’enchaînent avec Paris, puis avec la sélection, avant un retour immédiat en club. Et son calendrier ne va pas vraiment s’alléger.
Six matchs attendent le PSG en octobre
Paris doit enchaîner six rencontres en seulement vingt jours avec notamment Manchester City et le FC Barcelone en Ligue des champions. Le PSG recevra d’abord Le Mans le 10 octobre avant de se déplacer à Manchester City le 14. Strasbourg suivra le 17, puis le Barça au Parc des Princes le 20. Paris accueillera ensuite Lyon le 25 avant de terminer le mois au Havre le 30. Autrement dit, les périodes permettant réellement de souffler seront rares.
Luis Enrique doit-il le mettre au repos ?
C’est tout le paradoxe. Plus Vitinha semble fatigué, plus il serait logique de le préserver. Mais plus son niveau baisse, plus le PSG semble avoir besoin de lui pour retrouver son jeu.
Le Portugais est essentiel à la première relance, à la conservation sous pression et au contrôle du rythme. Le sortir du onze modifie profondément le fonctionnement du milieu parisien. Luis Enrique pourrait néanmoins profiter de la réception du Mans pour réduire drastiquement son temps de jeu, voire lui accorder une soirée complète de repos avant le déplacement à Manchester City quatre jours plus tard.
Ce serait probablement la fenêtre la plus évidente. Car une fois lancé l’enchaînement City-Strasbourg-Barça-Lyon, il deviendra beaucoup plus compliqué de se passer de lui.
Pas « cramé », mais une alerte à surveiller
Parler d’un Vitinha déjà « cramé » début octobre serait excessif. Aucun élément ne permet d’affirmer qu’il souffre d’un problème physique particulier et une baisse de rendement peut avoir de multiples explications.
Mais l’accumulation est réelle. Entre le PSG et le Portugal, Vitinha dispose de très peu de périodes de récupération et son rôle l’oblige en plus à multiplier les déplacements et les efforts à haute intensité. Or Paris sait à quel point son niveau dépend de celui de son maître à jouer.
Le vrai enjeu pour Luis Enrique n’est donc peut-être pas de savoir s’il doit faire souffler Vitinha, mais quand. Et avec Manchester City puis le Barça qui arrivent très vite, la réception du Mans ressemble déjà à l’occasion idéale.
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